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| La guerre d'Espagne par Jean
Lacouture |
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La conscience déchirée |
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Ce qui va scandaliser
une grande partie des lecteurs de Mauriac de lépoque,
cest sa position sur la guerre dEspagne. Comme toujours
chez Mauriac, et cest ce qui fait sa merveilleuse richesse,
sa décision ne va pas sans hésitation, recherche,
correctifs. Sa première réaction ne va pas dans
le sens des Républicains. Certes, il napplaudit
pas demblée au coup de force franquiste, comme
tel ou tel homme de droite. mais dans un article du Figaro,
il met en garde Léon Blum (qui, alors chef du gouvernement
de Front populaire, est tenté dintervenir en faveur
des Républicains espagnols), contre tout engagement dans
le conflit : |
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Nallez pas aider
le Frente popular, nintervenez surtout pas ! Nous serions
contre vous ! |
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La première
réaction de Mauriac est donc plutôt vers la droite.
Mais quelques semaines plus tard, le massacre à Badajoz,
le 15 août, de milliers dEspagnols par une colonne
franquiste, provoque une réaction de Mauriac :
les franquistes sont des massacreurs. |
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Et son indignation
saccroît du fait que le clergé espagnol,
mitre en tête et crucifix au poing, est du côté
des massacreurs, dont une majorité de Marocains musulmans.
Ces évêques espagnols bénissant, au nom
du Christ, les massacres perpétrés par des musulmans
inconscients, lui semblent particulièrement scandaleux.
Cette colère de chrétien est à lorigine
de son adhésion au camp républicain, loyaliste
après tout. Et le voilà du côté des
« rouges », comme Bernanos et Maritain. Ainsi trois
grands écrivains catholiques (les plus grands, hormis
Claudel), épousent la cause des révolutionnaires,
par dégoût de la violence des putschistes, et par
sympathie pour le peuple espagnol qui est, dans sa majorité,
du côté de la République et des victimes. |
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