La guerre de 14-18 par
Jean Touzot
Le temps de la compassion
Réformé, Mauriac ne se résignera pas à en être exempté. Il la fera de la Marne à Salonique, toujours du côté du service de santé, ce qui le sensibilisera aux souffrances physiques, aux sacrifices inutiles, à tout ce qui apparente la Grande guerre à une tuerie, surtout lorsqu’on punit pour l’exemple les soldats qui se sont dérobés ou mutinés.
« Personne au monde aujoud’hui, n’oserait dire la vérité sur la guerre. Evoquer d’abord ceux dont on m’assure que les faire-part aux familles appellent les morts sans honneur, les milliers (saura-t-on jamais leur nombre ?) qui ont été fusillés par leurs camarades parce qu’ils étaient restés cachés pendant une attaque… des êtres bons qui avaient dans leur passé peut-être des années d’humble héroïsme quotidien, fusillés par leurs camarades, leurs amis, condamnés à cette mort atroce par leurs chefs qui ensuite, ont repris la vie sans remords. Et ce martyre, je sais par des récits de témoins qu’on le leur fait savourer en détail : trajet en voiture jusqu’au poteau… »
  Journal d'un homme de trente ans  
   
Jean Touzot